Printemps

mars 21st, 2011 § 1 Commentaire

Ah les printemps!

Chacun ses fêtes

Norouz, Hidrellez, Martenitza, O-hanami,

Autant de mot d’ivresse

Des sens dissipés

Dans la montée de sève

A l’adieu de d’hivers

A la montée des eaux, la fonte des neiges

Des bourgeons cancéreux

C’est ainsi que la vie se présente

Proliférante, envahissante

Des oeufs dans la terre remontent

Des armées d’escargots

Tout ce qui était gelé reprend le cours de la conquête

Et se met à dévorer ce qui vient après de naitre

Le printemps met dans la joie des armées en bataille

Et mon âme en décembre encore

y voit l’annonce du prochain hivers

Il n’est pas besoin de saison pour deviner dans la terre dégelée

Les raisons du désastre

C’est dans le silence de la terre que se prépare la floraison

C’est dans son exubérance que se prépare le désert

Le printemps n’est pas un espoir juste l’instant

Où les forces de la vie se réunissent

Bercées de l’eau qui coule en pluie

en torrents

en dégels

Où les troupes sans se battre grandissent

Prolifèrent

Des armée d’insectes qui sortent de leur coque

Les fleurs qui les appellent

Une bataille sexuelle se prépare

Frottant l’animal au végétal

Croisant les espèces

Dans un brassage impérieux

Violant

Les barrières de l’espèce

Croyez vous que l’amour se limite à un baiser?

Le sexe au printemps se prête à des alliances contre nature

La vie se défait du sexe

Ses puissance se préparent à des ruts sans frontières

La terre gonfle

Et ses racines durcissent

Une fête oui

Au delà de tout les genres

Bourgeonnent les appétits

Et nous ne savons peu de leurs croisements

Des femmes des hommes qui se sourient

Mais des boucs et des vipères

Qui à l’été vont s’embrasser

Ce ne sont pas les hommes qui ensemencent les femmes

Ni les bourdons qui font la ruche

Les dieu sèment dans l’étreinte la force de la vie

L’amour n’enfante rien que des plaisirs

La vie est sage en échappant à l’amour

Au printemps

Se font les les forces de la reproduction

Les germes et les surjets

Pousse un sexe ivre de toute les combinaisons

Orchidées et colibris

Les tentures ramassant le pollen

Des filets d’œufs qui dansent accrochés aux algues

Le printemps prépare l’orgie

D’un été qui n’a pas d’ordre

Nos fêtes célèbrent la vie

Cette vie qui a traversé l’hivers

Couvant dans le froid

Des jaillissements sans morale

Sans ordre

La force pure d’une vie amorale.

Dans la douceur d’un rayon de soleil

Le blé en herbe

Et la fraiche érection

Sans rien connaitre

Grandissent le désir

D’une débauche sans limite

Dans les bois viendrons les accouplements

Parfois secrêts, parfois veillés,

Et c’est dans le chaos

Que la vie plongera

jusqu’au prochain printemps

Dans le ventre du gel

Ou des matrices brulantes

Ni père ni mère

La vie jaillit des bacchanales

Au pullulement du printemps

Jardin d’hivers

février 4th, 2011 § 1 Commentaire

C’est en hivers qu’on observe les jardins

Sans feuille

Juste la glace et des flaques de soleil

Des racines repliées,

Le terreau qui givre

Des branches en frimas

Qui tremblent bras solitaires

Dans les doigts de la bise

Des pots vides

Un cep

Et des bulbes gonflent contre le gel

La vie reprend au coin

Dans les branches des arbres la sève

Instille

En hivers

On ne touche pas beaucoup au jardin

Il pense l’intériorité de la terre

Des murets

Un bloc de pierre

Le maquis

Il se pense dans les racines

Les tubercules,

Les oignons

Et courbe le dos

Les jardins se fondent dans l’idée

Et regardant au loin,

Au-delà des limites du jardin

qui dévale à la mer

L’ombre verte et bleue

ses ondes échinent la surface

Je devine le poul qui donne aux saisons

la mesure de l’attente

Le soleil blanc

La vigne ouverte

Et la feuille verte qui perce la mousse

Crocus, jonquille et plus tard les tulipes

Je pense aux cimetières

Ces jardins corses

Accrochés à la route

Ouvert à la mer

En hivers les jardins sont

des concepts.

La brume se dissipe

mai 17th, 2008 § Laisser un commentaire

Nous vieillissons, et nous nous demandons comment de l’enfance nous en venons à avoir peur de mourir, et que nos sanglots ne soient plus ceux de la déception  mais  ceux  du regret et de la peur. Nous mourons à petit feu, il vaudrait  mieux dire à petite eau. Cette bruine qui nous morfond, la tristesse de beaux jours qui ne reviendront pas, ces grisailles d’un jour qu’on répète sans les enfouir  dans  la splendeur de passés glorieux.

Et l’on oublie l’enfance, cette brume qui se dissipe à l’avancée de nos pas, et le soleil brillant qui nous accueille à la descente d’un bus qu’on a pris dans les ombres du matin, ce printemps fleuri qui éclos de nos réveils obscurcis. Souvenons-nous de ces trajets livides, le ventre nourri d’un vague café au lait, la violence qui nous arrachait au duvet du lit, l’attente dans le froid d’un transport déglingué, et ce jour plein d’espoir qu’on ne comprenait pas, qui évanouissait les langueurs nocturnes, et faisait claquer les fouets d’une vie à venir dont nous ne devinions ni la discipline ni les promesses.

Cette torture pourtant, jour après jour, délitait le brouillard matinal, révélant qu’à l’aurore le monde peut étinceler plus qu’en plein midi. L’école a dessillé nos yeux comme une brise de mer défait la nébulosité. Elle rend le grain et le contraste jusqu’à l’éblouissement, effaçant la poésie des ombres et du secret.

Mais aucun jour ne fût vraiment glorieux, des jours de corvées, même si la buée sur les vitres et la blancheur des cerisiers donnait ce jour de concours de diction l’allégresse d’une vie sans douleur. Nous ne voyions pas que dans les classes enrubannées et les cours pétulantes, la grisaille des jours à venir se tenait dans la barbichette du maître, et le chignon d’une maîtresse. Ceux qui nous écoutaient étaient déjà été vieux, et déjà se confondaient aux embruns de la vieillesse. Ils se levaient tôt et l’esprit clair, le jour à venir se chargeant de l’obscurcir.

Nous avons brassé le ciel de mille vents, et dissipé toute les brumes, la moindre crête au loin se découpe si claire qu’elle sépare la terre du ciel, comme l’eau du feu, dessinant des certitudes si fortes qu’aucun refus ne réfugie nos doutes. Ne nous étonnons pas que dans l’azur glacé se lèvent de lourds nuages qui inondent nos espoirs d’une pluie continue.

La nudité des jours  a levé l’orage de nos désespérances. Sous le préau nous regardions la pluie tomber, des cordes insensibles, les boues qui dévalent les chemins d’une enfance aussi douce que la buée sur le miroir du matin.

Nous attendrons la nuit et ses brouillards profonds pour mourir tranquille au coin d’un bois silencieux, les yeux blessés par un jour cruel,  éreinté par une pluie battante, pantelant dans le silence d’un jour agoni  et les vapeur du sous-bois. Entre les fougères et un nid de cèpes, dans le fusain de nos premiers amours, ce que nous avons appris ne sert à rien. Et s’il nous reste de la force, les yeux fermés nous embrasserons une forme de feuille, le creux d’une racine, l’ombre douce d’un talus. L’éclat du jour est loin, un cerf brame, et le loup veille.  On rêve à ces matins, les vapeurs qui s’élèvent du lac à l’aube.

Attendre à la station de bus. Retrouver la foule naïve. Des matins d’école, la brume qui se dissipe, le soleil paresseux, et le morne protocole d’une journée tranquille. Le goût du café, un croissant, et se dire qu’après tout chaque jour passé n’est pas vraiment perdu.

Nous ne traçons plus sur la buée des vitres ce cœur fléché de nos amours éperdus, nous attendons le soir, et la clarté d’une lune claire, l’espoir que dans la nuit nous suspendions les jours. la brume qui se dissipe au matin nous libère des peurs pour nous livrer à une immense solitude. Nous rejoignons la nuit comme on rejoint la mort. Tirer la couverture sur nos épaules, pour se défaire de la fraicheur de la brise.

Nous laissons les conquêtes à nos souvenirs, l’obscurité à nos désirs, ils reste les ombres. Aurons-nous le courage de les deviner? De nous y envelopper?  Comme au matin de nos enfances nous nous sommes lovés dans les draps pour nous y arracher. Peut-on encore déchirer ces plis et et ces caresses, et nous jeter aux brumes d’un petit matin incertain? Je ne sais quel temps il fera demain. Et j’ignore les nuées, le jour qui brise les yeux, il pleut des torrents, et même nu je sortirais sous les trombes.

Où suis-je ?

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