La palombe fonce au sud

mai 19th, 2011 § Laisser un commentaire

 

Franchir la France à tombeau ouvert

La fenêtre au vent des campagnes

La Palombe bleue à 100km heure

Va

 

Et je suis seul

Dans ce compartiment

Aussi grand qu’un vaisseau de l’espace

 

 

Franchissant les Aubrays

Puis traversant la loire

D’un élan vers les Landes

Ignorant la Charente

Tours et la Gironde

 

L’air qui fouette

Les bruits de machines

Entrent dans la cabine

Comme des vols d’étourneaux

 

Je cours à l’océan

Ignorant les messages qui crépitent

 

Ah que le luxe est pauvre

Et qu’il est bon

Quand suffit de relever deux couchettes

Pour retrouver le goût du livre

Allongé sur le dos regarder au plafond

Des éclats de lumières

 

 

Le feutre des boogies dans un ralentissement

Le chuintement de l’acier qui roule

Je devine un capitaine en avant

Ivre de sa nuit

A mener un train d’acier juste à l’heure

 

Il contemple le sinuement

Des citernes en chenille

Des litanies de minerai

Des tombereaux de laits

 

La nuit

Ce sont les matières qui circulent

Et qui viennent à l’aube

Nourrir les usines

 

La voiture qui grince

Les ondes nous traversent

Ainsi que les foins qui murissent

Un vent chargé d’odeur tourbillonne

Et le travail d’une fabrique

Saisit les narines

Le métal chauffé des parfums d’huiles

 

Plus loin dans la plaine obscurité

Résonne

je devine les étoiles

L’effluve de la terre et

de l’orage

 

Une halte sans mesure

Un quai baigné d’uné clarté jaune

Clignotent d’impavides sémaphores

Dans ce silence

Le monde change

 

Ce qu’il était demeure

Juste le temps d’attendre

Fumer une cigarette à la portière

Guetter de rares silhouettes

 

Juste un moment de grâce

Un exception

pour en vivre la saveur

Et revenir dans l’habitacle

 

Allongé sur la couchette,

Les yeux mi-clos,

Et le nez affolé

Je sens sur mon visage

Le froid de la nuit qui s’avance au matin

 

Mon corps ronronne sous la couverture

Au rythme de la machine

Je m’endors

Train bleu

octobre 30th, 2003 § Laisser un commentaire

J’ai traversé l’automne dans un train bleu,
Ecouté des beats lourds, goûté la griserie d’un ciel palissant
A mesure de l’avancée au sud.

J’ai rêvé au défilement des futaies brunissantes,
des faîtes rougissants,
Transperçant l’air glacé de novembre,
Cinglant les lambeaux de brumes,
Survolant des marais irisés,
Jusqu’aux maïs coupés.

Je rentre

Où suis-je ?

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