A gauche : les forts doivent aider les faibles

mai 17th, 2011 § Laisser un commentaire

Les aléas d’un d’un destin semblent menacer le destin d’une idée. Un homme providentiel semblait surgir, il a les mérites d’une belle idée de la liberté. Celle de jouir, et de ce point de vue c’est un bel exemple de notre héritage le plus fort, celui du libertinage. Saluons cette idée, Sade en a subit les conséquences.

Qu’il soit pris au piège de sa testostérone, ou simplement d’un coup monté, ne change rien. Il souffre ce que vivent des millions d’emprisonnés. Ceux qui vont en prison ne sont pas les traitres du droit, mais ceux qui s’égarent dans les limites des normes. Injuste ou non, le destin des peuples ne se résoud à celui des aventures, mais à l’épreuve de la norme.

L’essentiel est ailleurs, il est dans un projet de société. Que souhaitons nous ? Le dictact des classements, des rangs, d’une aristocratie recomposée qui compose dans l’argent et les titres la force de son hégémonie, ou cette société ouverte qui donne aux aventures le bienfait de faire venir à sa tête ceux qu’on attendait pas. Choisissons-nous la médiocrité de l’excellence ou la beauté de la diversité ?

Je ne veux pas de l’Amérique, de cette démocratie cruelle qui emprisonne un citoyen sur cent. Je préfère cette social-democratie asthénique qui préserve tous ses enfants, y compris les débiles, les faibles d’esprits et de corps, celle qui refuse le progrès pour maintenir le bien-être de ses plus faibles.

Nous hésitons en Europe, malheureusement, quand le monde entier rêve de nous. D’un monde juste et reconnaissant, d’un monde qui met sur le bord des autoroute des piste cyclables, d’un monde qui donne aux démunis le moyen de vivre, d’un monde qui fait de la santé et de l’éducation des enjeux qui ne dépendent pas de la richesse.

Nous avons inventé un monde qui est l’espoir du monde qui est en train de naître. Nous avons été ceux qui pourtant ont pillés les richesse d’ailleurs. Ayons cette honnêteté d’avoir inventé un autre monde et la responsabilité d’en avoir détruit beaucoup d’autres. Notre projet politique a traversé l’esclavage, le totalitarisme, toutes les épreuves de l’histoire. Il nous a amené, exsangues, à cette idée simple que la cruauté de la démocratie doit être combattue si elle se fonde sur la seule propriété et la seule loi du marché. Nous en avons vécu les folies. Nous avons pensé aussi qu’il faut redistribuer la richesse.  Nos douleurs ont ceci de bon que nous avons découverts aussi la bonté, nous pouvons être au pied du tribunal avec la vertu d’avoir trouvé une forme de raison.

Cette idée est la plus belle des idées. Ceux qui s’enrichissent ont une dette envers les autres. Car leur richesse vient de ce qu’ils ont volés. Nous respectons leurs actes de gloire, nous respectons leur victoire, mais le prix à payer du triomphe est de donner à chacun les moyens de vivre. Que la compétition règle l’ordre de la société n’est pas une chose que l’on conteste, mais le devoir de ceux qui gagnent est de rendre.

Aucune société stable ne peut se faire sur le dos des autres. C’est l’idée essentielle qui est au cœur de la responsabilité sociale. Soyons nous à droite ou à gauche, choisissons nous l’ordre du mérite ou du besoin, la seule vérité est que lorsque la société génère des faibles, les forts doivent leur porter secours.

les feux de joie

juin 25th, 2010 § Laisser un commentaire

 

La peine du monde

Ce poids dans le dos du marcheur

Le chemin qui éreinte

Pourquoi avancer encore

Quand il n’est pas d’espoir d’en atteindre la fin?

Au moins d’échapper à la peine,

La raison suffisante de l’effort.

Ainsi l’homme est fait

Qu’il poursuit les routes

Moins dans la quête d’un trésor

Que d’apaiser la douleur.

L’ivresse de la guerre n’a aucun goût de victoire

Sa source est de vivre alors qu’on croyait être mort

Et la guerre se poursuit car elle est inachevée.

Le triomphe est amer

Que faire du tribut et de ses légèretés?

Dans le cœur des villes

Ceux qui ne marchent plus

Assis derrière leurs étals

Gagnant de l’un ce qu’ils obtiennent de l’autre

Ne connaissent pas plus de bonheur

Que leurs greniers soient pleins ruine leurs peurs

Ils accumulent sans joie

Ainsi l’homme est fait

Qu’au bord des rivières

La moisson est pourrie par le doute

Et sa richesse une source de frayeurs

L’aisance est un venin

Qui répand l’inquiètude

Ce qui est peut être perdu

Et ce qu’on gagne est à défendre

Aucune fête ne célèbre la richesse

Que faire de cet or et de ses privautés?

L’argent a le goût de la mort

Il ne faudrait avoir rien

Pour lever les yeux à l’azur

Et sourire

Ne pas attendre la nuit le jour

Ne pas faire un pas

Ne pas attendre

Ne pas rester ici là

Se défaire de ce qu’on a

Renoncer à ce que l’on pourrait faire

Devenir pierre dans le ruisseau

Quand au printemps il est torrent

Et regarder les morts droits dans les yeux

Avec pitié

Car les cadavres ne connaissent ni la peine ni la joie

Leur cracher à la figure

car ils ont failli

Les seuls morts qui valent sont les morts vivants.

Sourire encore aux ironies de la vie

Jeter des cailloux dans la rivière

Voler les commerçants

Détrousser les randonneurs intempestifs

Roder dans les villages

Sans pitié

Détrousser les voyageurs

Et piller les marchands

Ainsi l’homme est fait

Qu’un feu de joie lui suffit

Les yeux qui brillent quand aujourd’hui n’est rien

Et qu’au lever du jour à nouveau on peut rire

Aimer

Sans futur et sans passé

Sans dette ni capital

Ainsi l’homme est fait

Que l’instant se suffit

Sans le poids de l’histoire

Ni l’illusion d’un futur

Plonger dans l’eau glacée

S’étendre sur les plages

Jouir de ce que l’on espérait pas

Abandonner ce qu’on nous a donné

S’affranchir de toute économie

Mourir par surprise

Où suis-je ?

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