Rayon vert

mai 24th, 2011 § Laisser un commentaire

Il me frappe depuis l’enfance, je suis un de ceux qui ont lu tout Jules Verne – J’aurais aussi lu Tout l’Univers. J’ai été élevé dans une morale scientiste, j’avoue que je l’ai choisie. Le rayon vert était une de ces promesses qui s’oublient vite. Un de des miracles dans les romans d’aventures.

Les années viennent, je le découvre un jour de printemps avec deux amis. Cet éclat miraculeux, la promesse est venue. Ce soir je viens au bord de la falaise, ma fille a dix-huit ans et cligne de l’œil au dessus de l’horizon. La physique rejoint la magie. Une seconde fois n’est plus un miracle. Plus qu’une illumination le rayon vert est un passeport.

Une tâche émeraude, l’instant d’une seconde ou deux. J’ai dit : ahh. Rien de plus, léger et subjugué, La magie de l’optique rejoint celle du cœur. Un point unique, comme le sont les pierres dans le hasard des pressions et des chaleurs, un cristal suspendu à l’horizon, cette verte lueur que la littérature et le cinéma ont longuement préparé.

Les mers ici au coucher du soleil marient le titane et la forge, des écailles de géant, le rougeoiement des hauts fourneaux, et le bleu irisant du métal bleui. Le ventre noir des vagues se tend sur ce tapis et l’écume qui se vide précipite les couleurs dans un bouillon doré. Nos brasses dans les ombres sont des danses d’alchimistes.

Cet éclat dans le haut des chemins, juste assis sur une bordure de pierre. Ce rayon qui efface la baie, et le corps qui est là, d’un seul coup léger, une pierre ponce, une communion. Les villes de pirates aiment sur leurs épaules des couvertures de laine, mais rien d’autre qu’elles ne préfèrent que de se coincer dans un angle de pierre et regarder l’horizon. On y sait les miracles qui peuvent en surgir.

Aucune ville n’est une ville si elle ne possède une falaise, un observatoire, une tourelle. Aucune vie ne vit sans rayon vert. Ce signe ultime à l’extrême horizon.

Ma fille bât des ailes. Je ne crains pas son envol. Je lui espère de voir le rayon vert et voir que les miracles se rendent sans raison, se donnent à qui ceux qui écoutent, illuminent sans prévenir.

Le rayon vert

octobre 30th, 2009 § 1 Commentaire

Quand l’océan sanguinole
Sans même qu’on tue les thons
Juste qu’un soleil s’effondre
Sur l’écaille de l’horizon

Quand des montagnes grises
Effleurent le ciel pourpre
Et dessinent une ligne
Que rarement on devine
Un exploit est possible

Dans les ombres violettes
Dans l’absence du vent
Même pas une brume
Juste les couleurs pendues
Au suspend du temps
Faudrait-il la fraicheur de l’air
Un silence étonnant

Le rien d’un jour
Au moment
Cet infime instant
Où l’astre s’engloutit
Et la nuit vient

Une larme surgit
Verte et lumineuse
Le temps d’une seconde
Brulant l’œil
D’un éclair venimeux
Une flèche au basculement du temps

Emeraude
Collée à la pupille
Une beauté de vert
Un éclat au début de la nuit

Où suis-je ?

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