Ici, raison d’ici
août 12th, 2011 § Laisser un commentaire
Ici un bonheur…Une rive rejoint l’autre.
Détail. Les rives peuvent se fendre. Il suffit d’une administration.
Raison. Un avocat tend les rives, des bras sont fournis par l’amour.
Conclusion : Il n’y en a pas. Aucune. Le diable lutte contre l’amour. Reste le temps; cette production de la lutte
Bonheur. La maison est pleine, Même s’il n’y a que des fantômes.
Le reste. les vagues, les vagues, les vagues
Demain. Ne prendre au sérieux aucune règle. Elles imposent la dette et les discutant donnent du crédit
Après demain. juste l’amour
Encore ? Le désastre est celui des bureaux, des humains y vivent encore.
Bilan. Le comptable n’est pas une question de chiffre mais d’amour
Raison. la contingence
Calcul. donner
Détail encore. Aucune bureaucratie ne résiste au sentiment
Généralisation. Seul le détail compte
Logique. Les sables sont audelà de la plage
Des droits ? la vertu naturellement emporte tout les codicilles
Demain : Les rives rejoignent celles qui les regardent
Projet. Aucune règle n’a fait aucun projet. L’amour seul fait les projets. Le commun nait dans les vagues, entre la mer et les rochers.
Au-delà de la raison, l’humain
juin 11th, 2011 § Laisser un commentaire
Nous aurions lu la Condition Humaine, nous avons lu Kérouac, peut être avons nous lu Vollman. L’expérience humaine se ne fait pas dans la tragédie et la fréquentation des dieux, mais dans cet ordinaire de la peur, du désir, des grandeurs, qui prolifèrent aux trottoirs du monde et dans ses trains. Le monde terrible et simple. Tant que son échelle est celui de l’humain même prise dans le désordre du monde.
Nous devinons qu’un nouvel humanisme se constitue. Sa tradition littéraire est bien établie, nous en devinons plus difficilement les nouveaux développements. Son cœur reste dans cette idée que dans le désarroi du monde, la valeur, cette balance du bien et des mots se pèse à l’aune de l’histoire du sujet.
Cet idée du monde revient continument, pulsant dans le rythme des idées, affirmant une règle de pensée évidente : le monde doit être jaugé à l’échelle de l’humain. Qu’importe ce que nous investissions dans l’idée de l’humain, pourvu que la pensée se construise sur l’idée que nous nous en faisons. Entre les guerres et paix, le bonheur et les douleurs, l’i-ci et l’ailleurs, le grand et l’ordinaire, l’humain est au moins ce que nous rencontrons à chaque pas de porte, dans le bar d’à côté, chez nos voisins. Ce qui peut être aimé même si nous ne sommes rien.
L’humain n’est pas dans la raison, ni dans l’adoration, il est est depuis longtemps dans la faiblesse, dans ce qui ne se rend pas à l’impératif de ce qui doit être. L’humain est dans l’amour car l’humain est au-delà du connaître. La tolérance est la vertu de ceux qui ne connaissent rien.
Je sens dans les travers du monde monter un nouvel humanisme, cette idée que dans le désordre du monde il faille saisir dans la grandeur de l’homme la juste mesure d’un empire sans mesure. L’humanité boit un verre quand les peuples s’affrontent, et cultive une fleur quand la géologie ruine ses efforts. Elle se tient dans une embrassade, une conversation, un pleur et des baisers. Notre humanité se réfugie dans les grottes, la rue abandonnée aux machines.
La condition humaine elle s’est réfugiée en-deçà des foules, elle rumine en considérant le ravage de ses engins. Elle est inefficace, échoue sans répit. Elle subsiste dans cette consolation qu’apporte la considération de plus faibles que soi. L’humain n’est plus dans le projet prométhéen, ni dans les rêve de puissance, ni dans l’intelligence, il se loge désormais dans la compassion que les ratés se témoignent l’un à l’autre.
La raison est de moins en moins humaine, elle s’est libérée de l’homme, même si elle en a perdu les finalités. Peu importe. Elle s’incarne dans les machines et dans ce que sans imagination nous appelons des organisations. Elle ne libère plus personne. Et poursuit un chemin sans raison. Mais l’humanité libérée de sa raison peut enfin retrouver le plaisir de l’ignorance, la chaleurs des peurs partagées, pardonner les erreurs, renoncer à la gloire et à la puissance. Abandonné de dieu, abandonné par la société, l’humain est enfin libre de déraisonner, de boire à tomber, de jouir sans but, d’être imbécile et paresseux, de se complaire dans la laideur de son corps et de savourer le réconfort de ceux qui sont aussi laids que lui.
La conscience, la raison et l’amour
février 24th, 2011 § Laisser un commentaire
L’amour encore. Ce qu’est l’amour au fond demeure cette rencontre étonnante de ceux qui n’ont rien à voir mais se reconnaissent dans le craquement d’une allumette, une cigarette fumée au coin d’une rue froide, un geste.
L’amour est l’au-delà de la science. Cette condition première de la connaissance. Accepter ce qu’on ne sait pas. L’attention à ce qui échappe à la raison.
Car le réel échappe en grande partie à la raison, le réel qu’on ne voit pas, qu’on ne peut voir à cause des lois du réel. Aussi grande soit notre raison que la science et la philosophie grandissent, une part de ce que nous touchons, avec ceux que nous échangeons n’a d’autre secours que d’en appeler à l’amour. Ce rapport à l’autre, quand l’autre échappe à la connaissance. Cette disposition qui fait de l’autre un ami, une part de soi, et qui dans la réciprocité, fait de l’autre un autre soi et de soi une continuation de l’autre.
L’amour est la connaissance partagent la même vertu : ils unissent le monde en conscience, défont les frontières que nos perceptions érigent. Car c’est bien là que se tient la tragédie. La conscience n’est pas raison, et son miracle moins que d’ouvrir au monde le limite. L’être conscient échappe au monde et n’en retient que ce qui tient dans son horizon – fort limité.
L’escargot est conscient, son monde s’arrête à son filet et bave et aux feuille qu’il rappe. Nous n’avons pas une conscience beaucoup plus grande, même si notre raison télescopique nous permet, sans doute au contraire du mollusque, d’aller au-delà de nos limites. C’est suffisant pour que la conscience se redouble et s’inquiète. S’il est un au-delà de la conscience que la raison atteint, sans doute est-il des régions du monde que même la raison ne peut toucher.
C’est cet au-delà que l’amour atteint, et de ce point de vue, nous sommes tentés de penser que l’amour est fille du savoir autant qu’elle l’enfante. Un au-delà de la raison.
L’inquiètude
novembre 15th, 2009 § 1 Commentaire
Depuis les premiers hommes, elle est là, l’inquiétude. De ne pas être là aujourd’hui car on ne connait pas la seconde qui suit et son cortège de surprises. Hérisser le nid de pieux quand les esprits n’ont pas de corps. Creuser des douves très profondes quand nos fantasmes savent nager. L’esprit inquiet surveille tant ce qui l’environne qu’il en oublie de se surveiller.
Elle est là donc, non sans raison, en ferait-on une folie que nous ne la comprendrions pas. Elle est utile pour celui menacé dont la survie résulte d’une attention aiguë qui fasse qu’à l’inattendu tout le corps et l’âme se projette d’un tenant dans d’action.
Mais l’inquiétude dit aussi un rapport au monde, celui que la victime abandonne à son bourreau, oubliant que le monde est aussi celui que l’on construit. Jamais ne seront tranquilles ceux qui pensent qu’au monde il faille rendre une juste réponse, jamais ne seront tranquilles ceux qui pensent que dans le monde on en possède une partie.
Pour taire l’angoisse il n’est que deux chemins, celui de la puissance et celui de l’abandon. La quiétude vient de ce qu’on réduit les ennemis à l’état de fantôme. Il faudrait être dieu pour réduire le hasard, mais hommes nous pouvons encore nous retirer des inquiétudes du monde.
Le pire au fond n’est pas notre destin mais de croire que nous ne le rejoindrons pas. Oublions le destin, et faisons de notre tragédie la source de tous les bonheurs. La mort est le seul aboutissement, l’anéantissement la seule finalité, que nous apportent les craintes quand un mur tragique brise toute espérance. Pourquoi s’inquiéter?