Pauvre pêcheur
juin 26th, 2011 § 1 Commentaire
De la puissance de l’être je ne sais assez peu,
Et ses formes je les sais multiples
Je suis un nain qui regarde les montagnes,
Des vagues vertigineuses,
Des planètes me tombent sur la tête.
Les vouloirs en mon âme pagaillent,
j’aurais voulu tout lire
Et je ne comprend rien
Les philosophes m’assaillent
Et leur langues me blessent
Il faudrait des siècles pour les deviner
Je suis un homme ici avec un pauvre langage
Je suis dans l’ignorance
Au-delà de ce que je sais
Je ne laisse rien aux dieux
Il ne me reste que l’amour
Je monte des murs pierre à pierre
Mes mains connaissent le ciment
Mes pieds calleux
Leurs ongles cassés
Comment penser le vrai quand
La pensée nous échappe ?
Serais-je un maçon
Il ne suffit pas de dresser des murs
Pour regarder la lune
Et je regarde la lune
Et ne suis pas astronome
J’aurais voulu savoir
Et la géométrie m’échappe
Des mots viennent
Ils sont si faibles
Qu’ils ne disent rien
Que mon désarroi
Nous ne savons si peu
Que la raison s’évanouit
Seul l’amour nous tient
Au pied des murs
J’aurais été un savant
Dans ma tête vivent des bibliothèques
Je peux citer et réciter
Des livres par milliers occupent ma tête
J’aurais tout lu
Et je n’ai rien lu
Au pied du monde nous ne savons rien
Des siècles d’histoire et la guerre qui revient
La richesse qui croit et s’effondre
J’aurais dans les livres crus qu’une vérité se dresse
Je brule dans un désert des brindilles graciles
Un thé pour être ensemble
Les vagues qui martèlent la falaise
Au creux d’une dune
Je suis un homme ici avec un pauvre langage
Et je regarde au large une nuit brumeuse
Que sais-je du monde
Que mes compagnon de la nuit
Ces pêcheurs qui vont à l’aube
Glaner les coquillages
Le poulpe
et les ormeaux
Nous veillons à la marée
Ah ce maigre savoir,
Ce pauvre des rochers
Des flaques à marée basse
un homme s’efface
janvier 25th, 2011 § Laisser un commentaire
Il suffira de vivre de la Chine à l’Algérie
Du Brésil à Belleville
Entendre que la mort frappe à Soisson,
Les vieux partout crèvent de ne pas vivre
Quand la vie partout ne fait que vivre
J’en connais une qui hésite
Dans son hémiplégie
La vie ne meurt pas de malheur
Mais de cet ennui
L’ennui
Une gêne de l’autre
Et l’absence de soi
La vie partout surgit
Triomphant des douleurs
Des humiliations
Elle cède quand vient la mort
Que rien ne dit de son avenir
Un coup de fusil résout l’équation
La liberté y trouve la plus belle des raisons
Et que son prix soit un corps en sang
Sur le carrelage de la maison
A si peu de prix
Les morts parfois pensent au-delà de la mort
Leurs raison donne la raison à leur mort
Le prix de la douleur est celui de la raison
Qui veut mourir?
Et maitre de sa mort comme on a été maitre de vie
Fussions nous maçon,
Paysan
Un suicide?
Non!
La dignité
Cette aristocratique vertu du modeste
Rester homme à l’ultime limite
La fierté de maitriser sa fin
Mais combien sont-ils des mois durant?
A résoudre l’équation
D’une fin annoncée
Et de printemps flétris
Les hommes faits dans la pierre
Ne peuvent à l’horizon
Renoncer à la grandeur
Et se soustraire au salpêtre
Il est des renoncements comme des gloires
Se refuser à dieu c’est renoncer à la mort
Celle de ses usures
Celles de ses insultes
Celle de ses renoncements
De son chemin de pierre
Cette inutile avancée au calvaire
L’homme est celui face à la fin
Prononce un dernier mot
Une balle dans la tête
Saluons le courage de ces hommes
Échappant à l’ignominie des corps qui leur échappent
Et dans la raison simple de leur dignité
Préfèrent un coup de fusil
Aux affres de la débilité
Saluons ces douleurs aiguës
Ces tragiques coup de feux
Ces cadavres sanglants
Ces gloires de libertés
Ce triomphe.
Et d’un quartier à l’autre,
Je voyage d’une Afrique à l’Asie
Il me revient des routes
D’avoir embrassé un cadavre
D’accompagné des cendres
La grandeur de la mort reste dans son choix
Saluons qui dans la douleur
A voulu rester maître
Saluons qui part
Sans se soumettre
Il est un dieux ce père
Qui ne se résoudt à la mort
Nous le regardons fuire
Dans l’histoire vivante
Saluons sa victoire
Ses cendres au coeur de la pierre
Irriguerons nos victoires
Les morts sont nos amis.
Certains en sont les victimes
D’autres l’ont choisie
Nous ne saurons rien de ce qui vaut à la mort
Mais ceux qui l’ont choisie mérite le respect
De l’avoir maitrisée
La noblesse est au fond
Dans le plus grand désespoir
D’être le maître de sa chute
Saluons celui qui renonce
sa mémoire reste avec nous.