Le bout du monde

décembre 26th, 2011 § Laisser un commentaire

Le bout du monde est là où on le veut. Ce bout du monde se tient quand la ville s’absente. Les Goudes à Marseille sont un bout du monde. Mais ici à la Mousse, sous la falaise, des vagues rares qui trouve l’écrin pour déferler découvre un autre bout. Le bout du monde au delà de Diabet dans les Dunes du cap Sim, des éclats de silex, les cabanes de pêcheurs, le vent qui vient d’ouest obstinément.

Le bout du monde est un ailleurs. Et sa quête part du ridicule. Le bout du monde est aussi une maladresse. Ce rêve des villes qui ne dépasse pas le périphérique. Le bout du monde est un luxe qui n’est laissé qu’à ceux qui ont été totalement délaissés. Le bout du monde est une marge. Il est aussi cette grève où glissant les vagues on arrive, ivres des ondes, de l’eau, se recroqueviller à la limite du sable.

La forêt qui tombe sur la plage, l’oued qui alimente les courants, les ondes qui viennent sous la paresse des palmes. Au bout du monde il est une belle solitude, comment se tenir au bout du monde ? Il ne dépend pas des drames, un peu de nos regards, il nous sourit et répète que dans ses marges on n’espère plus être reconnus, juste oublié.

Le bout du monde est cet endroit au aucun regard ne saisit, cet endroit où nus nous plongeons dans les vagues, des enfants au ventre des adultes. Au bout du monde nous devenons humains.

Qu’importe nos désirs, nous devinons qu’il faut séduire le monde. Un regard, une caresse, un baiser, les frontières du monde succombent à peu. Un feux dans la nuit, des racines et du charbon, les étoiles au ciel, le vent silencieux. Et je supplie, qu’au matin, nos rêve prennent l’élan de nos réussites. J’aurais dans la nuit senti les froid serpents, je me lève au matin et prie pour un retour, au monde.

Anarchie ou battre les méduses en eau

août 30th, 2011 § Laisser un commentaire

méduse

Ce vieux mot dont l’étymologie dit la simplicité. Sans Etat, vivre sans la coordination d’une unité centrale, sans autorité principale, sans cette machine à réguler les relations sociales, sans un pouvoir qui aliène ce bien tardivement obtenu qu’est la liberté de soi. Pourquoi avons-nous oublié cette idée essentielle ? Ce cœur des révolutions, ce devenir des histoires, ce principe de l’idée : le sujet est au fond depuis la modernité le centre du monde et qu’il vive ne peut supporter aucune autorité.

Je partage infiniment l’idée qu’aucune inégalité n’est supportable autant qu’elle fasse que l’un soit esclave de l’autre, je peux être sensible qu’au fait de l’histoire les inégalités pour être résolues réclament plus que le désir de chacun mais la violence de l’Etat, je ne cède pas à cette idée que de donner à l’Etat la plus violente de ces mesures, ne fait que dans l’égalité, il y a la violence de faire des sujets l’objet des forces sociales, et de les réduire à rien.

Il n’y a pas de plus belle violence que celle des sujets qui défont la force de l’Etat. Aucun esclave ne peut se réjouir des Etats qui se font. Aucun citoyen ne peut aimer cette machine à règles qui fasse de leur liberté un mouvement en-deçà de la norme. Les Etats et les règles sont acceptables dans la mesure où ils nous font échapper à la guerre civile, qu’ils mettent une bonne limite à la prédation, qu’ils nous font échapper aux mafias et aux règlement de comptes. Les Etats sont bons quand ils meurent une foi leur devoir fait.

Quand les Etats ont réduit ces limites à rien, sachons que l’ennemi est l’Etat, ce qui se passe chaque fois. Ils créent des règles sans nom et sans besoin, des règles qui nous asservissent. Ils font de nous des parias, et là la justice est de détruire l’état. L’état est un monstre qui n’a pas de loi, mais construit les règles qui en assurent la longévité. L’Etat pour nous satisfaire se fait pour une vie qui dépasse la notre.

Citoyens soyons conscient d’être pris entre le loup et le requin. L’Etat est un monstre qu’il faut affaiblir au possible, il suce notre liberté, c’est un vampire qui se nourrit de notre sujétion. La corruption est pire, elle se nourrit de l’absence d’Etat pour promettre une tranquillité fragile que la force de l’Etat peut chaque jour réduire à rien. L’Etat dépasse la corruption, dépassent notre satisfaction, il est au-delà de nos désirs, il les satisfait et se corrompt car justement sa vie est au-delà. Elle s’en nourrit elle les dépasse.

N’ayons aucune confiance citoyens, ni dans l’état, ni les mafias. La vie sociale se fait dans ce que nous donnons ici et maintenant. Nos démocraties sont désormais profondes, car ce que que nous disons ici s’entend ailleurs, car les livres que nous lisons subissent peu les censures. Nous parlons d’ici et d’ailleurs, fussions nous arabes ou chrétiens, africains ou européens, chinois ou patagoniens, un mot dans le monde, juste, se répand dans le monde. Personne ne nous en voudra, mais si ce mot est juste, ils seront beaucoup à applaudir et dire qu’à l’ONU, à l’OMS, à l’OTAN, à l’UE, et l’ASEAN, partout peut se dresser un peuple sans vérité, un peuple vrai.

Ici en Europe se font des débats cruels, le peuple sans les Etats pense des idées funèbres, il rêve de chasser les étrangers, se prête à des pogroms qu’il a déjà fait. Croyez vous que les Etats chasserons ces fantômes ? En Europe ne règnent que les vieux , les héritiers des empires. Certains rêvent du règne des blancs, ils sont nombreux à rêver d’autre chose. Les Etats ne les aident pas à rêver. Et pourtant leur Etats semblent si bien domestiqués : trois siècles de modernités, deux guerres sans équivalents historiques, quel savoir faire!

Le monde qui se dessine ne se fait pas avec les Etats. Ses normes traversent les lignes du monde, elles sont communes de l’Indonésie à la Libye, de l’Amérique à la Croatie , elles se font qu’à chaque ville les citoyens se sentent libre d’aimer les stars du monde et ces amours d’ici. D’être auprès de ceux d’ailleurs que l’on ne connait pas aussi glorieux qu’on est ici. C’est le secret du monde.

Les Etats du monde ont perdu leurs nations. L’ordre du monde se construit ailleurs, des valeurs naïves, le sentimentalisme des films, la magie des concerts, des poèmes qui prennent la voie des souterrains, des peintures glorieuses, cet art qui traverse les langues et impose au langage la forme qui dit ce monde, le monde de chacun, ce monde de sang, de sexe, de faim, ce monde qui vibre dans l’odeur, la caresse et le regard. Dans les écrans de télévision, les places et les mosquées.

Ce monde qui s’achève sur la plage, la grève ou le rivage. Nous viendrons de partout mais notre commun se fait dans l’expérience universelle de cette fin de tout. Quand l’astre s’évanouit dans un nuage, quand la nuit s’étend, que nos pieds nus foulent les pierres et le sable, que nous serrons dans nos bras l’aimé et que dans l’ombre de la nuit nous l’embrassons. Aucun monde n’échappe à ce ce baiser. Aucun Etat n’ a aboli le baiser. Aucun état n’a tué le soleil.

Ils n’ont pas cessé dans leurs efforts pour tendre la nuit et éteindre nos désirs. Les Etats sont nos ennemis. Ils sont d’autant plus forts qu’ils maitrisent les machines, leurs règles polluent nos ébats. Soyons-juste conscients que leurs efforts à donner du bien être est une corruption, soyons bien conscients, qu’aujourd’hui l’Etat est notre ennemi, sachons qu’il faudra bientôt renoncer à ses caresses pour être libre.

L’Etat cumule les règles de ce savoir vivre d’entre nous, les systématise, et en forme la hiérarchie qui fonde sa raison mais nous la retire. La règle de l’état n’est pas la notre, elle est la sienne, celle qui lui permet d’être au-delà de ce que nous sommes. L’état est monstrueux en ce que n’étant pas il acquiert dans son exercice des raisons d’être qui s’opposent à ce que nous sommes bien plus puissantes que les forces qu’on lui oppose. N’en discutons pas les raisons, l’Etat est un ennemi en puissance. Qu’il se soit fait dans la guerre ou dans l’indépendance.

Il ne sait pas plus que ce que l’on sait, n’aime pas mieux que ce qu’on aime, il vit sa vie propre. Étendre une règle que l’on aurait votée, peu importe, une règle qui fait sa vie, le fait grandir et le prépare à la guerre, pourvu que la guerre lui donne la promesse d’augmenter son empire. L’Etat est un parasite. Il affaiblit chacun et menaçant de se retirer punit chacun de mort. Qui pourra vivre sans l’Etat ? Nous lui avons laissé le terrain de nos interrogations, ils s’en est emparé en distribuant ses réponses.

Nous sommes nus face à un monstre bienveillant, une raison qui nous fait taire, l’Etat a mieux à faire qu’à nous convaincre, il doit se battre contre ses frères. Et nos frères d’ailleurs, victimes d’autres Etats, nous appellent en vain. Et nous savons leurs cris, leurs peurs, leurs peines, leurs amours, nous les savons pareils à nous, mais nous sommes comme des chiens, nos maîtres ne sont pas les  leurs.

Quel est ce monde où nous ne respectons ni frères, ni sœurs ?

Des nids de règles se sont formés, des Etats, pas seulement, des méduses.

Mes frères, mes sœurs, garder un couteau dans votre poche, étripez quand vous le pouvez ces colonies aqueuses.

Le monde de nos villages formés par nos volontés, nos faiblesses, nos pouvoirs, ces mondes injustes où nous avons laissé des seigneurs prospérer, ont pris une figure où aucun chef ne peut être sacrifié. Ils prolifèrent en de longues agglutinations, d’où aucune tête ne se dessine, mais que structurent des règles dont nous n’échapperons pas.

N’obéissez pas à ces méduses, prenez leurs règles comme des vérités d’ici, laissez les se dissoudre sur nos plages, donnez à vos enfants des bâtons pour les battre. A marée basse leur gélatine va bruler au soleil et vous serez libres de jouer dans les vagues.

Sachez que la beauté du monde….

mars 27th, 2011 § Laisser un commentaire

http://www.flickr.com/photos/eyedeaz/5560688921/

Sachez que la beauté du monde ne vient pas des grands gestes, ni de l’humilité des prières. Elle vient du simple, de ce retrait du grand, elle se fait dans l’ombre du triomphe et du rien. Dans cet horizon inattendu d’un entre deux. Dans le renoncement.

 Les héros brulent dans des combats trop durs, et les boutiquiers périssent dans l’infection des étroitesses. Quand les uns embrassent des mondes qui les dépassent, les autres étouffent dans des sacs trop étroits. La beauté du monde ne sent à l’aise ni dans l’un, ni dans l’autre. Elle se sent bien quand elle s’en retire. Arrachée de la coque, de la nymphe, les ailes au froid du vent qui sèchent pour battre le ciel et voguer d’une rive à l’autre, d’un promontoire à une chaire. Des victoires aux balcons des forêts. Elle se sent bien en haut.

La beauté du monde se réfugie dans un couloir, un escalier au cœur de la médina, dans ces rues d’ombres et de soleil, dans la géométrie des lacis et des treillis. Elle ne se montre pas sur la sqala, dans le scandale de la brise, le fouet de l’écume, sur les canons dressés dans les créneaux de la muraille. Ni même en bas où à marée basse les gamins se précipitent pour traquer le poulpe, glaner les ormeaux, les pieds de biche, des oursins. Elle se fait dans la lumière, les tamaris, les hortensias, des fougères, le laurier et des palmiers. Les géraniums en frondaisons de fenêtres, dans l’air salé pousse le printemps. La beauté ne parle pas, mais se dépose au soir, quand le soleil las s’abandonne aux nuées jouant dans sa douleur des ors et des cuivres sur les cobalts et les outremers de la marée. La beauté se fait au front du monde un art de lumière.

Sa simplicité est de ne rien demander, juste s’étendre dans l’espace d’un golfe et donner au regard l’étendue de son spectacle. Le simple est ce qui se donne d’un allant, d’une évidence, glorieuse, envahissante, il est une marée qui emporte la rivière à rebours, un mascaret. Le simple est la loi, et le renoncement, et cette ligne pure qui court à la découpe de l’horizon. L’espoir.

Sachez que la beauté vient d’une marche sur la grève, et d’un regard sur le monde. Elle ne s’obsède pas de dieux, ni ne proteste. Elle vient dans le moment où le monde se reflète dans nos yeux, inonde nos retraites d’un sourire capiteux. Qu’une joie gonfle la poitrine, est plus qu’un signe, la beauté du monde est un fluide puissant, qui prend la gorge et le ventre, c’est un vent d’ouest qui caresse le piedmont. Alors la joie est au-delà du vent, elle court.

Le rien de flaque, de sable, des matins frais et de l’eau froide, jusqu’au Fort Portugais, à déchirer la gorge dans des sprints cocasses. Se rouler et braver le picotement des grains fouettés par la brise. Arriver à midi dans ce rien de sable, de vent, de mer, et de soleil. Ce point loin de la vue où regardant au sud, nous ne voyons que l’horizon stupéfait, ce royaume balayé par l’alizé. La beauté est une ascèse, une épure. Sur l’ile les faucons s’élèvent. Un sardinier rentre dans un sillage de mouettes.

A midi revenir à contre vent, faisant des ailes du moindre tissu, remonter dans le soleil qui se lève la route du phare à la citadelle. Et veiller sur le toit du garage, aveuglé par la chaux, à ce soir qui se tend dans la blancheur des après-midi. Je me souviens qu’après la sieste, venait l’aigre appel à la prière. Nous nous froissions de plis au soir, cherchant une dernière course au marché de l’étoile. Il y avait cette foule en djellaba qui faisait au vent une sourde résistance.

C’était ensuite la nuit, l’apéritif, avant de dormir dans les craquements de la maison, dans des draps humides, et la mémoire d’une brève histoire. Je lisais, les livres comme des radeaux étaient nombreux dans la maison du naufrage. La beauté du monde s’endort dans les lignes des livres, elle s’y disperse comme les trains traversent la nuit. Un chien aboyait, ce pouvait être un chacal. Et des mouettes étincelaient le ciel, les étoiles éteintes par la brume.

Renonçant à tout, je m’endormais, petit garçon, entre le vent, les djouns, le vide du monde et son murmure, dans les histoires des parents, ces histoires de la rue, celle des montagnes, des livres, et cette idée que nous ne garderons rien, juste l’idée qu’un soir modeste rejoint le tout. Je n’avais pas de carnets et j’enfichais dans mon âme des images uniques.

Que la mémoire est une beauté du monde, cet entre-deux du monde qui s’offre à nous et celui qu’on a quitté. Dans la simple découverte que le monde est à nous. Nous sommes de vieux enfants, qui rodons dans les rochers, surveillant la marée et veillant au soleil. Entre les doigts des coquillages, un riz au feu doux, du vin. Au simple de midi, prendre la beauté du monde. Elle est  une affaire d’hospitalité.

Et que nous serions seuls nous saurions comment traverser les rayons du monde pour transmettre cette idée,  que le simple du monde reste cette beauté que sans raison et sans dieu nous pouvons célébrer. La beauté est là, cela suffit.

Un monde sans dieux

février 22nd, 2011 § 1 Commentaire

Un monde, un autre. Le bruit du monde. Il rugit. Le monde. La foule du monde qui désormais se tient en dehors des villages, des cités, des murs. La rumeur du monde franchit doublement ces murailles.

Son écho traverse les déserts et les océans. Il répond sur les murs d’ailleurs, écouté sans la raison qui lui a donné sa voix. Les bruits du monde se répandent, certes, mais ce que dans le monde on en entend, se comprend avec la raison du village. Et au village chacun fait de ce bruit la musique d’un ailleurs louable ou l’enfer qui se rapproche. Que la parole au vent s’envole ne dit rien de ce qu’où elle se pose, on l’écoute telle qu’elle a été prononcée. Infernale ou divine, la voix du monde a peu de vérité.

 Mais quoique  fusse ce qu’elle dise, la voix du monde ne vient plus qu’un ailleurs, elle ne descend pas de l’olympe, ni n’est la lumière d’un soleil. Son murmure est celui d’autres humains, et sans les comprendre chacun devine qu’il n’est plus seul. La voix sans rien dire est la caresse qui fait naître l’amour.

Tel est le désordre du monde. Ce qu’on entend renforce l’exigence que bâtir des remparts mais oblige à y poser l’oreille. Chacun dans sa citadelle ouvre un pavillon.

Les dieux tombent un à un. Ils sont sans voix. Le bruissement des mots qu’on entend chacun à la hauteur de son savoir, est aussi, en-deçà du sens que l’on leur prête, la preuve qu’au-delà de nos mondes il est une chose que l’on ne connait pas et qu’on peut connaître. C’est dans cette ambiguïté que se forme le monde. Les ailleurs ne sont plus au-delà, ni en-deçà, ils sont aux voisinages.

Des vies parallèles que l’on ne comprend pas mais dont nous devinons une nature commune. Jamais autant les barbares n’ont eu une voix si proche.

C’est une raison suffisante pour les aimer ou leur faire la guerre. Et tel est l’état du monde, aussi près  de se reconnaître un et de construire la paix, il peut sombrer dans la guerre généralisée. Nos mondes ont été seuls, et leurs dieux exclusifs les ont reconnus comme les seuls peuples. Notre monde est populeux, aucun dieu n’en distingue les élus.

Les dieux se sont enfuis et nous ont laissés seuls, les uns avec  les autres.

I-Poème

novembre 5th, 2010 § Laisser un commentaire

Ecriture électronique – échange de mail.

//

Le 04/11/2010 18:12, David a écrit :

Tu veux toujours me parler ?

Je suis en France, ce WE à Biarritz. Depuis septembre : Sao Paulo, Paris, Biarritz, Shanghai, Bordeaux, Lyon, Toulon, Toulouse…J’ai faillis le Maroc, ce sera Oujda le 1er décembre.  Je dois avoir un truc bientôt à Evry. Je dors à Belleville et je bosse à Nanterre.

Voici mon tel xxxxxxxxx

Ciao

Le 18/10/2010 18:12, Thierry a écrit :

Bonjour

J’aimerai te parler si tu es en France

Comment ça va ?

Thierry

Responsable Data

//

Un manque de latitude.

Vaut mieux être fou et vivant

Que raisonnable et mort

Où suis-je ?

You are currently browsing entries tagged with Monde at D'un Monde à l'Autre.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 33 followers