Pourquoi les démocraties ne peuvent accepter la peine de mort

septembre 20th, 2011 § 2 Commentaires

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Un condamné de plus va sans doute mourir demain, sauf miracle – celui d’une protestation forte de l’opinion dans la dernière minute que permettent les réseaux sociaux. Mais une décision de justice – quelle justice ? -  Après plus de vingt ans libère les sels mortifères d’un droit qui encore reconnaît la mort comme peine.

Inutile d’argumenter sur le doute et l’injustice possible de cette peine – il pourrait être innocent ce Troy Davis et la commutation en peine perpétuelle laisserait la chance de découvrir enfin son innocence -  Non. Ce n’est pas la question. Ce n’est pas le problème.

L’erreur possible est un argument, mais il n’est pas l’argument définitif. Suffisant sans doute, nécessaire indubitablement. Mais encore trop faible. Même si le condamné l’est pour une faute indiscutable la mort est une peine inacceptable.

Dans un monde civilisé qui considère le sujet comme la valeur suprême ce qui doit être interdit aux injonctions de la société est en question justement ce pouvoir d’agir sur la vie des sujets. Aucune société civilisée ne peut se donner ce pouvoir de vie et de mort sur ses sujets, fussent-ils leurs ennemis les plus acharnés. Il ne s’agit pas seulement d’affirmer la supériorité du sujet sur la société et d’en défendre l’intégrité. Le monde civilisé est celui qui n’exclut pas de ses membres celui qui a fauté. Il peut le mettre en prison pour un temps, l’isoler longtemps s’il est dangereux, le surveiller ou le mettre à l’épreuve, mais ne peut l’éliminer. Le monde civilisé ne regarde pas les victimes, il serait trop tenté par la vengeance – il doit les dédommager jamais en faire le centre de la justice.

Le monde civilisé doit faire en sorte que ceux qui le défient à chaque instant le rejoignent, mais jamais ne les liquide. Ce n’est pas une faveur donnée aux asociaux, un blanc seing donné aux bandits. C’est l’engagement d’une société ouverte qui considère que ses ennemis à chaque instant peuvent revenir en son sein. Le monde civilisé reste ouvert aux individus qui le refuse car un monde ouvert ne met pas de limite a qui lui appartient. Il se fait de tous ceux qui vivent sous son ombre, les bourreaux et leurs victimes. Il doit donner aux dernières des privilèges, il ne peut en exclure les premiers, il doit en exiger les excuses et les tenir à sa limite tant qu’elles ne sont pas prononcées.

C’est une des expressions profondes de la démocratie, qui ne se résout pas à la force d’une majorité, mais à cette idée qu’elle peut défendue et être conquise par des idées ou des comportements minoritaires ou marginaux – la démocratie est l’espérance de la diversité et du changement. C’est à ce prix qu’elle doit considérer ses ennemis les plus radicaux et les confiner quand ils menacent sa constitution plus que ses majorités, elle doit laisser espérer aux membres les plus marginaux de la société le possible qu’il reviennent en son cœur. Elle accueille ceux qui la dénigre, donne des droits à ceux qui la condamnent. La démocratie fait du divers un empire, elle accepte le désaccords au delà des normes qu’elle produit. Elle accepte les extrémistes autant qu’elle les condamne.

Elle est une avancée de l’humanité en ce qu’elle abandonne l’idée du sacrifice et qu’elle renonce à croire que les frontières absolues suffisent à son existence. Elle peut donner la mort quand elle est menacée, mais aucun individu ne peut la menacer. Le seul droit à la mort est celui de la guerre que d’autres sociétés fasse peser sur elle. Le seul droit à la mort que peut exercer une démocratie, une civilisation, est sur un groupe social organisé qui en voudrait et en pourrait la destruction. Certainement pas sur un gamin qui a tué un flic. Et qu’il s’agisse d’un groupe organisé, ce droit ne pourrait s’exercer que dans l’action de guerre, certainement pas quand ce groupe a été défait, par la guerre.

Dans une démocratie véritable, dans une véritable civilisation, aucune condamnation à mort n’est supportable, elle ne peut être qu’un héritage de la barbarie, de cette idée d’avant le Christ et les modernes que la vengeance puisse construire un ordre. Les cultures de la vengeance le savent bien, elles ont ordonnées son exécution aux frontières de leur sociétés. Elles se civilisent en le propulsant en dehors de ce qu’elles sont.

L’exemplaire américain nous montre que nos démocraties ne sont pas encore totalement civilisées. Il reste à ce peuple brillant, mais aussi à de nombreux états, de passer le pas de la civilisation, et de faire de la mort des hommes une affaire qui n’appartient qu’à la guerre. Il nous reste à penser que ceux qui cultive la haine et encourage le meurtre doivent être accepter dans le jeu démocratique, mais que les armes doivent être dressée vers leur tête s’ils menacent veritablement l’ordre social.

Quant aux bandit, aux détraqués, à ces êtres perdus qui tuent cruellement à nos périphéries, ce n’est pas la mort qui doit les punir, mais la prison et et l’exil, le ban. On ne sait jamais, ils peuvent revenir. Quant aux puissances organisées qui voudraient démettre nos sociétés, soyons impitoyable, au moindre signe de guerre, tuons les.

A gauche : les forts doivent aider les faibles

mai 17th, 2011 § Laisser un commentaire

Les aléas d’un d’un destin semblent menacer le destin d’une idée. Un homme providentiel semblait surgir, il a les mérites d’une belle idée de la liberté. Celle de jouir, et de ce point de vue c’est un bel exemple de notre héritage le plus fort, celui du libertinage. Saluons cette idée, Sade en a subit les conséquences.

Qu’il soit pris au piège de sa testostérone, ou simplement d’un coup monté, ne change rien. Il souffre ce que vivent des millions d’emprisonnés. Ceux qui vont en prison ne sont pas les traitres du droit, mais ceux qui s’égarent dans les limites des normes. Injuste ou non, le destin des peuples ne se résoud à celui des aventures, mais à l’épreuve de la norme.

L’essentiel est ailleurs, il est dans un projet de société. Que souhaitons nous ? Le dictact des classements, des rangs, d’une aristocratie recomposée qui compose dans l’argent et les titres la force de son hégémonie, ou cette société ouverte qui donne aux aventures le bienfait de faire venir à sa tête ceux qu’on attendait pas. Choisissons-nous la médiocrité de l’excellence ou la beauté de la diversité ?

Je ne veux pas de l’Amérique, de cette démocratie cruelle qui emprisonne un citoyen sur cent. Je préfère cette social-democratie asthénique qui préserve tous ses enfants, y compris les débiles, les faibles d’esprits et de corps, celle qui refuse le progrès pour maintenir le bien-être de ses plus faibles.

Nous hésitons en Europe, malheureusement, quand le monde entier rêve de nous. D’un monde juste et reconnaissant, d’un monde qui met sur le bord des autoroute des piste cyclables, d’un monde qui donne aux démunis le moyen de vivre, d’un monde qui fait de la santé et de l’éducation des enjeux qui ne dépendent pas de la richesse.

Nous avons inventé un monde qui est l’espoir du monde qui est en train de naître. Nous avons été ceux qui pourtant ont pillés les richesse d’ailleurs. Ayons cette honnêteté d’avoir inventé un autre monde et la responsabilité d’en avoir détruit beaucoup d’autres. Notre projet politique a traversé l’esclavage, le totalitarisme, toutes les épreuves de l’histoire. Il nous a amené, exsangues, à cette idée simple que la cruauté de la démocratie doit être combattue si elle se fonde sur la seule propriété et la seule loi du marché. Nous en avons vécu les folies. Nous avons pensé aussi qu’il faut redistribuer la richesse.  Nos douleurs ont ceci de bon que nous avons découverts aussi la bonté, nous pouvons être au pied du tribunal avec la vertu d’avoir trouvé une forme de raison.

Cette idée est la plus belle des idées. Ceux qui s’enrichissent ont une dette envers les autres. Car leur richesse vient de ce qu’ils ont volés. Nous respectons leurs actes de gloire, nous respectons leur victoire, mais le prix à payer du triomphe est de donner à chacun les moyens de vivre. Que la compétition règle l’ordre de la société n’est pas une chose que l’on conteste, mais le devoir de ceux qui gagnent est de rendre.

Aucune société stable ne peut se faire sur le dos des autres. C’est l’idée essentielle qui est au cœur de la responsabilité sociale. Soyons nous à droite ou à gauche, choisissons nous l’ordre du mérite ou du besoin, la seule vérité est que lorsque la société génère des faibles, les forts doivent leur porter secours.

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