Mocidade 2011 SP

mars 7th, 2011 § 1 Commentaire

Qu’est-ce qui donne de l’ordre à une foule : une poésie, un chant, une musique. Une chanson. Principe premier, saisissant, qui retient chacun dans le foyer d’une dévotion. Le commun n’est une chanson.

Apprise et répétée, en mille interprétation, et pour chaque section des rythmes et des pas. C’est d’abord une communion. L’extase dans la répétition, un carroussel des illusions, vertige intelligent qui met l’art avant l’ivresse.La foule suspendue entre la fièvre et la raison. Un texte murement réfléchi par l’école et ses poètes, une musique choisie de dimanche en dimanche, et ils sont en pieds, prêts à défiler. Et l’ordre des sections. C’est une composition. La vertu des mots suffit à organiser la parade des merveilles. Sambent les imaginaires.

C’est là, avant de défiler vraiment, qu’ils préparent leur triomphe.

Que le triomphe ne soit pas, il reste la gloire. Cet étonnement de la foule qui regarde la foule, les plumes, les strass, la sueur qui nimbe les phares. Des costumes trop lourds, un char qui tombe.  Ce suspend de la bateria qui ne supend le chant. L’émotion, des larmes qui s’évapore sous flashs et les lampes de la télévision.

C’est ici que des mois avant on prépare:

Pour ce final….Attendons rien n’est décidé. Et c’est globo qui capture les images. Demain le jury scelle le sort. Il restera l’Art, même quand un détail en ote la perfection. Quelle image rendra l’émotion. Regardons celà, l’ordre des poètes et celui de Mestre sombra.

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La brume se dissipe

mai 17th, 2008 § Laisser un commentaire

Nous vieillissons, et nous nous demandons comment de l’enfance nous en venons à avoir peur de mourir, et que nos sanglots ne soient plus ceux de la déception  mais  ceux  du regret et de la peur. Nous mourons à petit feu, il vaudrait  mieux dire à petite eau. Cette bruine qui nous morfond, la tristesse de beaux jours qui ne reviendront pas, ces grisailles d’un jour qu’on répète sans les enfouir  dans  la splendeur de passés glorieux.

Et l’on oublie l’enfance, cette brume qui se dissipe à l’avancée de nos pas, et le soleil brillant qui nous accueille à la descente d’un bus qu’on a pris dans les ombres du matin, ce printemps fleuri qui éclos de nos réveils obscurcis. Souvenons-nous de ces trajets livides, le ventre nourri d’un vague café au lait, la violence qui nous arrachait au duvet du lit, l’attente dans le froid d’un transport déglingué, et ce jour plein d’espoir qu’on ne comprenait pas, qui évanouissait les langueurs nocturnes, et faisait claquer les fouets d’une vie à venir dont nous ne devinions ni la discipline ni les promesses.

Cette torture pourtant, jour après jour, délitait le brouillard matinal, révélant qu’à l’aurore le monde peut étinceler plus qu’en plein midi. L’école a dessillé nos yeux comme une brise de mer défait la nébulosité. Elle rend le grain et le contraste jusqu’à l’éblouissement, effaçant la poésie des ombres et du secret.

Mais aucun jour ne fût vraiment glorieux, des jours de corvées, même si la buée sur les vitres et la blancheur des cerisiers donnait ce jour de concours de diction l’allégresse d’une vie sans douleur. Nous ne voyions pas que dans les classes enrubannées et les cours pétulantes, la grisaille des jours à venir se tenait dans la barbichette du maître, et le chignon d’une maîtresse. Ceux qui nous écoutaient étaient déjà été vieux, et déjà se confondaient aux embruns de la vieillesse. Ils se levaient tôt et l’esprit clair, le jour à venir se chargeant de l’obscurcir.

Nous avons brassé le ciel de mille vents, et dissipé toute les brumes, la moindre crête au loin se découpe si claire qu’elle sépare la terre du ciel, comme l’eau du feu, dessinant des certitudes si fortes qu’aucun refus ne réfugie nos doutes. Ne nous étonnons pas que dans l’azur glacé se lèvent de lourds nuages qui inondent nos espoirs d’une pluie continue.

La nudité des jours  a levé l’orage de nos désespérances. Sous le préau nous regardions la pluie tomber, des cordes insensibles, les boues qui dévalent les chemins d’une enfance aussi douce que la buée sur le miroir du matin.

Nous attendrons la nuit et ses brouillards profonds pour mourir tranquille au coin d’un bois silencieux, les yeux blessés par un jour cruel,  éreinté par une pluie battante, pantelant dans le silence d’un jour agoni  et les vapeur du sous-bois. Entre les fougères et un nid de cèpes, dans le fusain de nos premiers amours, ce que nous avons appris ne sert à rien. Et s’il nous reste de la force, les yeux fermés nous embrasserons une forme de feuille, le creux d’une racine, l’ombre douce d’un talus. L’éclat du jour est loin, un cerf brame, et le loup veille.  On rêve à ces matins, les vapeurs qui s’élèvent du lac à l’aube.

Attendre à la station de bus. Retrouver la foule naïve. Des matins d’école, la brume qui se dissipe, le soleil paresseux, et le morne protocole d’une journée tranquille. Le goût du café, un croissant, et se dire qu’après tout chaque jour passé n’est pas vraiment perdu.

Nous ne traçons plus sur la buée des vitres ce cœur fléché de nos amours éperdus, nous attendons le soir, et la clarté d’une lune claire, l’espoir que dans la nuit nous suspendions les jours. la brume qui se dissipe au matin nous libère des peurs pour nous livrer à une immense solitude. Nous rejoignons la nuit comme on rejoint la mort. Tirer la couverture sur nos épaules, pour se défaire de la fraicheur de la brise.

Nous laissons les conquêtes à nos souvenirs, l’obscurité à nos désirs, ils reste les ombres. Aurons-nous le courage de les deviner? De nous y envelopper?  Comme au matin de nos enfances nous nous sommes lovés dans les draps pour nous y arracher. Peut-on encore déchirer ces plis et et ces caresses, et nous jeter aux brumes d’un petit matin incertain? Je ne sais quel temps il fera demain. Et j’ignore les nuées, le jour qui brise les yeux, il pleut des torrents, et même nu je sortirais sous les trombes.

Où suis-je ?

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