Plage..6 ans?
avril 15th, 2012 § Laisser un commentaire
Ah oui nous ne ne savions rien.
Ni des éclairs de l’adolescence
Ni des feux de minuit
Nous errions sur les côtes
Et leurs soirs hallucinants
Des lumières allumées au coucher
Rien à dire à qu’ici bas n’est pas ici
Fouetteriez vous plus fort
Nos ventres aux plages
Nos corps luisants aux vagues
Le creux d’une roche
Atteinte à palmes
Des crevettes recueillies au filet
Ces marées qui conduisent sous nos pas
Des ondes sans relâche
Ce luxe de l’enfance
Venir venir encore
Encore à marée basse
Ne rien savoir
Et goûter avant et soir
La douce présence des mères
Des orages dans le ciel
février 25th, 2012 § Laisser un commentaire
Un orage dans le gel
L’éclair sur la banquise
Y a-t-il des aurores boréales pour tapisser le ciel ?
Les glaces brisées
Le sang des corps foudroyés
Cette douleur qui ne reconnaît plus ni le froid ni le chaud
Les grondements de la montagne
Le vacarme au noir de l’horizon
Ces rouleaux en échos dans le corps de la banquise
Et les eaux bleuies résonnant
Des forêts de méduses qui glapissent
Au fond des sables
Des pics étincelants
Clivés par le soleil
Des loupes délirantes
Brûlant le lit des vallées
Des cris sans fin
Des coups de poings.
Caresse
décembre 28th, 2011 § Laisser un commentaire
Le monde est fait de peu de choses. Ce grattement à l’épaule, une embrassade. Des gestes qui valent à l’autre d’être. Sachons nous vraiment que ce que nous sommes tient moins dans nos dispositions que dans l’idée que les autres nous aiment ?
L’amour ne vient jamais d’un coup, il lui faut de longues caresses. Avant et après. Nous savons que l’amour se fait quand il faut se rendre. Cette obligation n’est pas la notre, aucune sexualité ne rend compte de la civilisation. Nous pouvons en accepter les variations, mais quelqu’en soit les sexes, il restera ce geste en-deçà du sexe, cette caresse qui fait de l’un et de l’autre, les uns d’une même histoire.
Le monde est peu de chose. Une main sur l’épaule, cette main qui remonte sur le flanc, la paume sur la poitrine qui presse à peine prenant le cœur et annonçant le sien. Juste ces doigts dans les cheveux qui mêlent et démêlent, les ongles griffant à peine le cuir chevelu. Nous connaissons ces ondes délicieuses qui parcourent le crane.
De peu de choses est fait le monde, que du frôlement des doigts au sillon des fesses, de ces lèvres qui avancent sur le ventre, les lèvres qui courent dans le cou, des mains courant au creux des cuisses et au creux de la joue, un baiser tendre.
Peu de choses font franchir les limites d’un baiser, d’une caresse. La pulpe des doigts que suce la langue. Cette fente qui fond sous la langue. Et d’un doigt qui dessine des torrents moussus. Et d’un ventre contre un autre, les seinséecrasés sous le torse, sous un rayon vespéral, la lumière sur les coussins.
Aurions-nous aimé
décembre 28th, 2011 § Laisser un commentaire
Aurions-nous aimé
Que nous n’en savons rien
Qu’affirmer que nous étions engagé
D’amour, il n’est
Que nous en avions rien
Que d’avoir aimer
Aimer, nous n’en savions rien
Ici d’un autre, un baiser
et plus encore
Ce lien
Cet autre dont nous savons rien
Un amour
Cet autre
Ce lien
Cet autre qui fasse que nous serons
Avec lui, ce lien
Une promesse au lit
Des variations
Une main dans la main
Un baiser à pleine langue
Un transport
Des ferrys qu’emmènent d’une rive à l’autre
Sur le pont s’embrasser
Et à l’aube se tenir par la main
Traverser les frontières
Ah le courage de franchir les limites
Et de devoir dans un baiser
Engager une vie
Sous les tombants des falaises
et des gouffres sous marins
Le seigneur lève la main
La leur, celle de l’aimée
Nous savons les gouffres,
Qui va s’en redressée
Et saisir une pierre
remontant d’un coup de rein
sur ses flancs acérés
Hurler
Crier
Contester
La colère gonflant une poitrine exaspérée
Rendre justice
A ce que nous voulions
L’ordinaire de ce qu’on souhaite
Dans la tranquillité des désirs les plus sages.
Ce lit qui plus
Qu’un désir
Un fleuve
Un ordre aveugle
Une vague
Un château
Le bout du monde
décembre 26th, 2011 § Laisser un commentaire
Le bout du monde est là où on le veut. Ce bout du monde se tient quand la ville s’absente. Les Goudes à Marseille sont un bout du monde. Mais ici à la Mousse, sous la falaise, des vagues rares qui trouve l’écrin pour déferler découvre un autre bout. Le bout du monde au delà de Diabet dans les Dunes du cap Sim, des éclats de silex, les cabanes de pêcheurs, le vent qui vient d’ouest obstinément.
Le bout du monde est un ailleurs. Et sa quête part du ridicule. Le bout du monde est aussi une maladresse. Ce rêve des villes qui ne dépasse pas le périphérique. Le bout du monde est un luxe qui n’est laissé qu’à ceux qui ont été totalement délaissés. Le bout du monde est une marge. Il est aussi cette grève où glissant les vagues on arrive, ivres des ondes, de l’eau, se recroqueviller à la limite du sable.
La forêt qui tombe sur la plage, l’oued qui alimente les courants, les ondes qui viennent sous la paresse des palmes. Au bout du monde il est une belle solitude, comment se tenir au bout du monde ? Il ne dépend pas des drames, un peu de nos regards, il nous sourit et répète que dans ses marges on n’espère plus être reconnus, juste oublié.
Le bout du monde est cet endroit au aucun regard ne saisit, cet endroit où nus nous plongeons dans les vagues, des enfants au ventre des adultes. Au bout du monde nous devenons humains.
Qu’importe nos désirs, nous devinons qu’il faut séduire le monde. Un regard, une caresse, un baiser, les frontières du monde succombent à peu. Un feux dans la nuit, des racines et du charbon, les étoiles au ciel, le vent silencieux. Et je supplie, qu’au matin, nos rêve prennent l’élan de nos réussites. J’aurais dans la nuit senti les froid serpents, je me lève au matin et prie pour un retour, au monde.