Into The White Night
juin 24th, 2011 § Laisser un commentaire
C’est une idée qui semble traverser profondément le cinéma de l’Asie du nord, celle de la solitude. Cette solitude qui vient de rompre avec la pauvreté, la misère, et avec pudeur se consacrer à la richesse bien tempérée de l’oubli. « Into The White Night » est un polar radical qui en offre une belle illustration.
L’histoire fort simple est une tragédie de l’enfance. Une petite fille des taudis livrée au désir des homme par sa mère est délivré de ses monstres par son ami. Le fils d’un de ses, je n’ai pas le mot, un de ses consommateurs. Le crime – en est-ce un ? – reste une énigme et l’enquêteur qui en est chargé poursuivra sa vie durant l’investigation, découvrant peu à peu l’atroce vérité, celle d’un crime qui ne peut être puni. Le parricide est terrible, mais il s’accompagne ici d’un matricide, cette petite fille, ou son très jeune ami, tuera la mère aussi.
Le meurtre ne met pas fin à la vie et nos deux protagonistes poursuivrons leur chemin lié par le secret et un amour. Elle magnifique et détachée, poursuivant dans la vie sociale ce qui mène de la lie à la richesse. Lui veillant en dehors du monde, frappant quand il est nécessaire pour protéger son amour d’enfance. Leurs talents, ils le doivent aux vieux, entre l’art de la broderie, celui du découpage, le morse devenant la pauvre symbolique qui les relie, n’empêchant la richesse de l’imaginaire. D’un monde à l’autre souvent c’est la pauvreté des signes qui maintient l’unité.
Il faudra cet enquêteur pour les faire revenir au monde, cette enquêteur qui ne résout pas l’affaire mais au soir de sa vie, dénoue les fil de la tragédie et renonce. La grande solitude se tend quand le drame échappe à la société et à ses institutions. La tragédie au fond, ne se résoud pas dans la destinée, nous savons tous qu’elle se tient dans la mort, ni même dans cette idée de l’inéluctable, mais dans une mort qui échappe à l’ordre social.
Que la forme du polar eût été adoptée pour cette histoire était inévitable, les flics sont les passeurs de l’ordre, ils sont les rares pêcheurs qui ramènent les morts au rivages de la sociétés et réduisent le tragique à un drame. Dans ce film, l’inspecteur renonce, donnant à la mort le goût de la vie. Laissant le double crime, ce double parenticide à l’ignorance, il sauve l’amour.