Les chemins de la connaissance

janvier 30th, 2012 § Laisser un commentaire

La connaissance ne poursuit pas qu’un projet. Elle s’est engagée depuis longtemps dans trois directions. La première est celle de la généralité, fixer en peu de mots, peu de signes, les principes qui organisent le monde dans sa pleine étendue et à toutes les échelles. La seconde est celle de la contingence, comprendre comment en un point un événement s’est produit.  La troisième est celle de la représentation, comment la chose là peut prendre forme dans une région de l’imaginaire.

La connaissance n’est pas qu’une disposition. Atteint-elle l’essence ? Reste-t-elle une métaphore ? Se purifie-t-elle dans le test empirique ? Ses objets disparaissent à mesure qu’elle découvre des sujets. Découvrant ses limites elle doit se satisfaire de coexister avec d’autres formes dans cette idée de conscience du monde. La science s’ajoute au sensible, mais ne le remplace pas. La chose qui se retire naître un savoir qui se réalise dans l’amour. Cet unique passage vers l’altérite. Nous pouvons connaître sans théorie par le sensible et l’imagination. Une connaissance que rien ne vérifie.

Nous ne savons que dans les limites de la pensée, et le monde se manifeste sérieusement juste un peu au-delà de cette pensée. Le savoir ne résout pas la question du monde, il en élucide l’histoire, les tensions, les régularités, les abords. Aurions nous planter nos pieux ici et là pour tracer les routes du monde/ Pourrions nous réunir au moment tout les brins de l’histoire. Fussions nous les maîtres des masques et des tableaux. Ce que nous connaissons, pour se construire, demande cette empathie, cette aspiration, les fibres les plus fines, les messages les plus obscur, le frôlement au doigt, une mélodie enveloppée de vent, un rien qui donne tout à l’autre, et tout de l’autre.

Et dans cette obsession qui met à l’ouvrage du les sens du corps, de l’esprit de l’âme, sensible à la moindre fibre et le moindre rayon, sentir et prendre prise là où un être illisible fait au moins sentir les épaisseurs de son existance. Que des choses nous n’en connaissions pas la nature il faut reconnaître qu’au moins leur être est à la portée de nos sens et de notre intelligence.

Caresse

décembre 28th, 2011 § Laisser un commentaire

Le monde est fait de peu de choses. Ce grattement à l’épaule, une embrassade. Des gestes qui valent à l’autre d’être. Sachons nous vraiment que ce que nous sommes tient moins dans nos dispositions que dans l’idée que les autres nous aiment ?

L’amour ne vient jamais d’un coup, il lui faut de longues caresses. Avant et après. Nous savons que l’amour se fait quand il faut se rendre. Cette obligation n’est pas la notre, aucune sexualité ne rend compte de la civilisation. Nous pouvons en accepter les variations, mais quelqu’en soit les sexes, il restera ce geste en-deçà du sexe, cette caresse qui fait de l’un et de l’autre, les uns d’une même histoire.

Le monde est peu de chose. Une main sur l’épaule, cette main qui remonte sur le flanc, la paume sur la poitrine qui presse à peine prenant le cœur et annonçant le sien. Juste ces doigts dans les cheveux qui mêlent et démêlent, les ongles griffant à peine le cuir chevelu. Nous connaissons ces ondes délicieuses qui parcourent le crane.

De peu de choses est fait le monde, que du frôlement des doigts au sillon des fesses, de ces lèvres qui avancent sur le ventre, les lèvres qui courent dans le cou, des mains courant au creux des cuisses et au creux de la joue, un baiser tendre.

Peu de choses font franchir les limites d’un baiser, d’une caresse. La pulpe des doigts que suce la langue. Cette fente qui fond sous la langue. Et d’un doigt qui dessine des torrents moussus. Et d’un ventre contre un autre, les seinséecrasés sous le torse, sous un rayon vespéral, la lumière sur les coussins.

Aurions-nous aimé

décembre 28th, 2011 § Laisser un commentaire

Aurions-nous aimé

Que nous n’en savons rien

 

Qu’affirmer que nous étions engagé

D’amour, il n’est

Que nous en avions rien

Que d’avoir aimer

 

Aimer, nous n’en savions rien

Ici d’un autre, un baiser

et plus encore

 

Ce lien

Cet autre dont nous savons rien

Un amour

Cet autre

 

Ce lien

Cet autre qui fasse que nous serons

Avec lui, ce lien

Une promesse au lit

 

Des variations

 

Une main dans la main

Un baiser à pleine langue

Un transport

 

Des ferrys qu’emmènent d’une rive à l’autre

Sur le pont s’embrasser

Et à l’aube se tenir par la main

 

Traverser les frontières

Ah le courage de franchir les limites

 

Et de devoir dans un baiser

Engager une vie

Sous les tombants des falaises

et des gouffres sous marins

 

Le seigneur lève la main

La leur, celle de l’aimée

Nous savons les gouffres,

 

Qui va s’en redressée

Et saisir une pierre

remontant d’un coup de rein

sur ses flancs acérés

 

Hurler

Crier

Contester

La colère gonflant une poitrine exaspérée

Rendre justice

 

A ce que nous voulions

L’ordinaire de ce qu’on souhaite

Dans la tranquillité des désirs les plus sages.

 

Ce lit qui plus

Qu’un désir

Un fleuve

Un ordre aveugle

Une vague

Un château

 

Le bout du monde

décembre 26th, 2011 § Laisser un commentaire

Le bout du monde est là où on le veut. Ce bout du monde se tient quand la ville s’absente. Les Goudes à Marseille sont un bout du monde. Mais ici à la Mousse, sous la falaise, des vagues rares qui trouve l’écrin pour déferler découvre un autre bout. Le bout du monde au delà de Diabet dans les Dunes du cap Sim, des éclats de silex, les cabanes de pêcheurs, le vent qui vient d’ouest obstinément.

Le bout du monde est un ailleurs. Et sa quête part du ridicule. Le bout du monde est aussi une maladresse. Ce rêve des villes qui ne dépasse pas le périphérique. Le bout du monde est un luxe qui n’est laissé qu’à ceux qui ont été totalement délaissés. Le bout du monde est une marge. Il est aussi cette grève où glissant les vagues on arrive, ivres des ondes, de l’eau, se recroqueviller à la limite du sable.

La forêt qui tombe sur la plage, l’oued qui alimente les courants, les ondes qui viennent sous la paresse des palmes. Au bout du monde il est une belle solitude, comment se tenir au bout du monde ? Il ne dépend pas des drames, un peu de nos regards, il nous sourit et répète que dans ses marges on n’espère plus être reconnus, juste oublié.

Le bout du monde est cet endroit au aucun regard ne saisit, cet endroit où nus nous plongeons dans les vagues, des enfants au ventre des adultes. Au bout du monde nous devenons humains.

Qu’importe nos désirs, nous devinons qu’il faut séduire le monde. Un regard, une caresse, un baiser, les frontières du monde succombent à peu. Un feux dans la nuit, des racines et du charbon, les étoiles au ciel, le vent silencieux. Et je supplie, qu’au matin, nos rêve prennent l’élan de nos réussites. J’aurais dans la nuit senti les froid serpents, je me lève au matin et prie pour un retour, au monde.

Le point du temps

décembre 20th, 2011 § Laisser un commentaire

Le temps compte peu, c’est la répétition qui importe. Les choses élémentaires s’apprennent en trois ou quatre exercices, le geste savant en réclame des centaines, ce qui est un souci est quand l’occasion de répéter le geste ne peut se faire que rarement.

Ainsi noël, passer la cheminée demande un art consommé, il ne s’exerce qu’une fois pas an. Il faudra donc renoncer à faire un parfait père Noël, car cela demande plus qu’une vie.

Il en est aussi des mots dont le ciselage se compte par milliers, dizaines de milliers, et l’on conçoit qu’incapable d’écrire plus qu’une page par semaine, à la fin de la vie reste un brouillon de quelques lignes. C’est finalement le sort de la plupart. D’ailleurs, peu d’entre nous écrivent leur propre oraison, il reste si peu de phrases qu’un cousin doit se mettre à l’ouvrage.

Le temps n’est donc pas question de vitesse mais de densité. Nos vies ne sont pas courtes, juste insuffisamment longues. Le temps ne passe pas, mais les échéances inatteignables viennent imperturbablement nous dire que nous n’avons pas assez fait.

Le marteau du temps ne frappe pas les conclusions. Il se contente de rythmer sur le cuir de l’espace les creux qu’il fallait remplir assez des gestes rendus nécessaires par nos volontés. Mais à marquer le tempo on se concentre souvent trop pour pouvoir se souvenir de ce qui aurait empli les silences.

Le temps compte peu, c’est ce martèlement qui résonne, et la fréquence des mots prononcés entre deux, juste le rapport des choses à faire et de la ponctuation. On rêve de ralentir le marteau, mais ce ne sont pas nos mains qui le tiennent, plutôt cette gouttière pleine dont chutent des gouttes d’eaux.

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